J'étais la toute petite, la toute dernière comme on dit. A chaque fois, c'était la même chose, les mêmes paroles. Et oui c'est qu'elle a grandit la petite. On dirait même qu'elle commence à être plus âgée depuis quelques année. Et puis, au fond, c'est marrant d'être la petiote. La merdeuse, la poupée. Ma merdeuse, ma merdeuse. Qu'est ce qu'elle dit ma merdeuse ? Ne veut plus y jouer. Ça ne veut pas dire que je ne t'aime plus, c'est juste que j'ai pas envie de jouer. J'étais bien petite hein, c'était pas fantastique les siestes, quand je faisais semblant de dormir. Quand j'étais debout dans mon lit, ou quand je tapais des pieds car je t'entendais monter. On a tous certains souvenirs. Les miens, c'est ceux que je n'ai jamais connu peut-être. Je le sens bien, je vous embrouille. C'est peut-être fait exprès, c'est même très probable. C'est marrant, oui c'est vraiment marrant comme certains évènements jamais vu, jamais ressentis, peuvent ressurgir d'un coup en vous coupant le c½ur en deux. Quelle foutue ironie de se dire que ce n'est pas grave, que de toute façon, ça repartira comme c'est venu. C'est vrai qu'elle était sûrement moi. Ou l'inverse. J'ai mal au c½ur lorsque je ferme les yeux, et que j'ai cette image qui me hante. Le pire, c'est de ne pas comprendre. Pourquoi maintenant, sans raison. Je ne veux plus penser. Je veux être la petite qui pousse sa poussette pour ne pas tomber.